SoftBank et la bulle des licornes

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En écrivant cet article, l’expression qui me vient à l’esprit est “sky is the limit” lorsqu’on a les moyens! Une compagnie peut ambitionner de transformer l’industrie de la viande à l’aide de plantes, éliminer le traffic, ou faire livrer de la pizza par des robots… Tant qu’on a les moyens, on peut se permettre de rêver et rallier des investisseurs avec soi!

Amazon (AMZN) et Tesla (TSLA) sont deux compagnies qui me viennent à l’esprit lorsque je pense à SoftBank (SFTBY). Lorsque la compagnie de Jeff Bezos fit son entrée en bourse en mai 1997, Amazon était évaluée à 438 M. Ce qui équivaut à 700 M maintenant, lorsqu’ajusté à l’inflation. Lorsque Tesla fit son entrée en bourse en 2010, la compagnie valait plus d’un milliard.

Le terme “licorne” fut utilisé pour la première fois en 2013 par l’investisseur en capital de risque Aileen Lee, pour décrire les startups qui valent 1 milliard US ou plus avant leur entrée en bourse. Probalement en 1997 et 2010, Amazon et Tesla auraient été considérées comme des licornes.

Les origines de SoftBank

Softbank est une firme japonaise qui a commencé comme une compagnie spécialisée en télécommunications, puis est devenue une banque d’investissement dans des startups technologiques. Softbank est derrière le succès de Yahoo et d’Alibaba (BABA). Depuis, Softbank a amassé plus de 100 G US en capital de plusieurs investisseurs et s’est mise à investir dans plusieurs startups, moyennant des parts allant jusqu’à 40 %.

La compagnie de Masayoshi Son a financé Uber (UBER), WeWork, Slack (WORK), Wag, DoorDash, Lemonade, etc. Pas loin d’une centaine de compagnies sont financées par SoftBank.

SoftBank investit dans différents secteurs et permet à plusieurs PME de se développer. Ces PME ne sont pas habituellement profitables, mais promettent de transformer l’économie de l’avenir. Le problème, c’est que SoftBank offre tellement d’argent que les évaluations des compagnies sont gonflées! On ne cesse de citer Amazon et Tesla en exemple, car ce sont également des compagnies qui n’étaient pas profitables au début, mais dont les titres se sont fortement appréciés depuis leur IPO.

Une licorne est un animal mythique caractérisé par sa rareté. Présentement, à cause de SoftBank, les licornes, ce n’est pas ce qui manque! Peut-être que certaines des compagnies financées par SoftBank connaîtront le même succès d’Alibaba. Toutefois, l’entrée en bourse avortée de WeWork fait questionner la pertinence même de certaines compagnies.

Entretemps, à ce stade-ci du cycle boursier, j’attendrais une correction boursière avant de toucher à une compagnie financée par SoftBank.

Déclaration

Ces écrits ne constituent pas en soi des conseils d’investissement. Il est avisé de consulter un conseiller financier ou de s’informer d’avantage avant d’investir.

Est-ce le temps d’acheter Uber?

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Uber (UBER) a finalement fait son entrée à la bourse de New York ce vendredi. Déjà, le titre flirte avec le territoire de correction en terminant sa première séance avec une baisse de près de 8 %. Mais qu’est-ce qui s’est passé?

Lyft et la guerre des tarifs

Le principal compétiteur de Uber, Lyft (LYFT), a fait son entrée en grande pompe à la fin du mois de mars avec un IPO de près de 80 $. Depuis, le titre a perdu près de 30 % de sa valeur. La débâcle du titre de Lyft a amené Uber à présenter un IPO plus prudent à 45 $. La première transaction sur Uber s’est faite à 42 $, en-dessous du IPO.

Visiblement, les investisseurs ont décidé d’être plus conservateurs avec Uber. Cependant, l’entrée en bourse de la compagnie d’auto-partage aurait pu se faire à un meilleur temps! À 12h01 a.m., l’admistration Trump a décidé d’augmenter à 25 % les tarifs sur 200 milliards d’importations chinoises.

Depuis le début de la semaine, les fameux gazouillis du président américain avaient ramené de la volatilité dans les marchés boursiers. La plus grande entrée en bourse américaine depuis Alibaba (BABA) n’aura pas eu l’accueil chaleureux tant attendu!

Est-ce la même histoire que celle de Tesla?

Peut-on comparer l’entrée en bourse d’Uber avec celle de Tesla (TSLA)? C’est pourtant ce qu’un analyste a fait. Comparé à la période de la bulle de l’Internet, il y a moins de compagnies technologiques qui font d’entrée en bourse. Malgré le fait que plusieurs de ces compagnies ne sont pas encore rentables, les perspectives de croissance à long terme leur permettent de présenter des IPO avec des valorisations de plusieurs milliards de dollars US.

Tesla n’a jusqu’à maintenant déclaré aucun profit. Pourtant, le titre de Tesla a grimpé de plus de 1 175 % depuis l’entrée en bourse de la compagnie en juillet 2010. Selon les documents fournis par Uber pour son IPO, la compagnie a eu des pertes de $ 3,04 G US l’année dernière, pour un total de plus de $ 10 G sur 3 ans.

Uber présente-t-elle une bonne opportunité d’achat?

Uber a terminé sa première séance en bourse avec une capitalisation d’environ 70 milliards. Loin des 120 G estimés par quelques banques il y a moins d’un an de cela. Un IPO de 120 G aurait placé le cours de l’action à 65 $. Selon l’analyste Mogharabi de Morningstar, Uber ne sera pas rentable avant 2024. En distribuant les actions, la compagnie privilégiait les investisseurs institutionnels, en faisant le pari qu’il n’y aura pas trop de volatilité sur le titre sur le long terme.

On peut toujours s’attendre que la valeur du titre d’Uber grimpe la semaine prochaine. Ce ne serait pas surprenant que certains investisseurs vendent leurs actions de Lyft pour acheter des actions d’Uber à un prix plus bas. Mais, avant que 2024 arrive, il faudra s’attendre à beaucoup de volatilité sur le titre, malgré le pari de la compagnie.

De plus, puisque nous sommes dans le plus long marché haussier de l’histoire, qui sait quel impact une volatilité comme celle qu’on a connue en décembre 2018 aura sur le titre d’Uber.

Comme l’a mentionné le CEO d’Uber, Dara Khosrowshahi, il se pourrait qu’Uber soit une belle histoire comme Amazon. Toutefois, il se pourrait également qu’Uber connaisse le même sort que plusieurs compagnies technos lors de l’éclatement de la bulle Internet. En attendant, pour profiter du titre d’Uber, âme sensible s’abstenir!

Déclaration

Ces écrits ne constituent pas en soi des conseils d’investissement. Il est avisé de consulter un conseiller financier ou de s’informer d’avantage avant d’investir.